mercredi 6 juillet 2011

Par centaines et par milliers (un air qui vaut pas dix ronds #45)


Le 6 juillet 1573, l'édit de Boulogne met fin au siège de la Rochelle : l'occasion d'écouter la chanson d'Aragon, ici clic-clic chantée par Vanessa Hachloum - la version un peu détournée des joyeux drilles du Conseil pour le maintien des occupations (enfin, joyeux drilles, ça se discute me dit-on clic-claques - tout comme le siège de la Rochelle concerné). La date, en tous cas, renvoie assez loin, des guerres de religion au couronnement de Richard III clic-clac, de Thomas More, son pays qui n'est nulle part clac-clic à Suzanne, among the garbage and the flowers clic-clic.

9 commentaires:

  1. Joyeux drilles, pourquoi pas ? Mai 68 était une fête ! et les émeutiers du Conseil (et non Comité, nuance !) pour le maintien des occupations (CMDO) n'avaient rien de moines-soldats…
    La "Chanson du siège de La Rochelle" fut joliment mise en musique et chantée par Jacques Douai (http://www.musicme.com/#/Jacques-Douai/titres/Chanson-Du-Siege-De-La-Rochelle-t1444531.html?play=0600753109694-01_19)

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  2. Merci pour le lien, et la correction (qui n'est pas de pure forme) ! J'ai mis un lien plus qu'intéressant pour creuser un peu sur les gens concernés.

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  3. Lien plus qu'intéressant pour creuser un peu sur les gens concernés ?
    J'ai des doutes quand je découvre la prose du sieur Schiffter contre Debord : il me semble avoir tout dit dans le titre…
    Je ne lui vois aucune capacité ou légitimité à discourir sur Debord ou le CMDO, et son bouquin sent assez son prof de philo peu dégrossi et plutôt mal armé pour se frotter à un tel sujet.
    Schiffter peut toujours "conceptualiser" le chichi, le blabla, le gnangnan, le riquiqui, le chabada ou le ragnagna, quelle importance ? Ça pourra faire sourire dans les dîners mondains : en attendant, la question n'est plus d'interpréter le monde mais de le changer.

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  4. Qu'est-ce que c'est "Anonyme" ? Ça nécessite une majuscule ?

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  5. Ah, il me semble pourtant avoir lu sous la plume de Frédéric Schiffter de quoi s'interroger, c'était mon seul propos, sur la nature de joyeux drille de Guy Debord. Pour le reste, je ne suis pas certain que la critique de GD, ou de quiconque, soit à réserver aux instances légitimes.
    Par ailleurs, s'il est vrai depuis au bas mot 1845 qu'il s'agit de changer le monde, nous savons aussi quoi penser des sauveurs suprêmes, fussent-ils théoriques : s'il reste au bout du compte de Guy Debord quelques formules bien troussées, des blagues de bon aloi et des générations futures un tout petit peu mieux prévenues des ruses actuelles de la domination, c'est déjà pas mal, sans ironie aucune, et même beaucoup. Le reste, ma foi, de GD et de tout un chacun devra bien en passer par la rongeuse critique des souris ...

    Sinon, pour aggraver mon cas, je suis justement en train de terminer la lecture de la Philosophie Sentimentale dudit FS, je sais je ne suis pas rapide, et ne peut que dire ici mon admiration - de la manière en tous cas.

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  6. ne peux que dire mon admiration, analphabète.

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  7. A propos de manière, un peu de Debord, extrait d’une lettre adressée à Ricardo Paseyro le 12 mars 1993 (cf. "Correspondance", vol. 7, p. 397) :

    J’ai lu avec beaucoup d’intérêt le livre de votre ami Georges Laffly ["Mes livres politiques"]. Les catholiques extrémistes sont les seuls qui me paraissent sympathiques, Léon Bloy notamment. C’est un livre comme on en rencontre très peu : il a un air de parfaite sincérité. Je trouve d’ailleurs qu’il me traite fort bien. Du point de vue de l’auteur, je considère comme cohérent qu’il attribue tant de malheurs à la disparition de Dieu ; et je ne dirai certes pas improbable que tout finisse par quelque abominable « meilleur des mondes ». Mais enfin nous sommes embarqués. N’était-il pas dans notre essence d’être imprudent ?
    Que mon nom puisse « librement circuler, dans les milieux les plus officiels », il me semble que c’est un assez douteux avantage. Je ne crois pas que l’homme progresse, en tout cas maintenant. Je pense qu’il s’est libéré de diverses choses, mais sûrement pas des plus redoutables. Je ne crois guère participer à cette complicité objective des sans-Dieu qui me ferait passer à peu près par-dessus la censure. Il se peut qu’ayant, dans les nouvelles conditions artificielles existantes, considérablement limité la diffusion de mes écrits, on considère que je suis en somme une preuve très suffisante du fait que la censure n’existe plus du tout. En outre, j’ai déconcerté la pensée un peu simpliste de l’adversaire, parce que je n’avais réellement aucune ambition.

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  8. Sur la manière, certainement, Debord est incontestable.

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  9. La question Debord est loin d'être épuisée, mais il est du droit d'un écrivain de le moquer, de le contredire, de l'apostropher. Je n'ai pas lu le livre de M. Schiffter, mais, il me paraît que cet homme a de l'ironie, du style et quelque compétence. Et puis M. Jo en dit du bien, cela me suffit.
    En outre, il est vrai que l'anonymat hostile, voire injurieux, à un certain niveau de conversation numérisée, est difficilement supportable.
    Quant à Debord, il convient de reconnaître qu'il fut la plus fameuse ombre du XXe siècle : depuis la coulisse, il agissait à distance, inspirant les uns et les autres. On le vit peu, on l'entendit rarement, mais il était sur toutes les lèvres. Il « travaille » encore bien des esprits, agissant au-delà de la mort. Cela mérite d'être noté.

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